Le BIM pour petites et moyennes structures

  •   17-01-2018
  • Yasmine Depret - BSolutions
Photo ©Kris Dimitriadis
La structure, les volumes et les revêtements de façades métalliques ont été pensés de manière compacte, tout en offrant différentes mises en scène de l’espace. Photo ©Kris Dimitriadis
Les nouveaux bureaux de la société BDO réalisés en 2017 à Gembloux par le bureau BSolutions. Photo ©Kris Dimitriadis
Les modèles ont été réalisés dans le même logiciel, ce qui a facilité la coordination en phase étude.
Intégration de la stabilité.
Intégration des techniques spéciales.
Intégration des études énergétiques.
Le phasage prévisionnel du chantier, fourni par l’entreprise générale au format CSV, a été importé dans le logiciel Autodesk Navisworks.
Illustrations du phasage 4D de l’exécution.
Scan photogrammétrique d’un croisement de conduits techniques
Autres illustrations de l’utilisation de la photogrammétrie sur chantier.
Vue immersive depuis le chantier.
Vue immersive depuis le modèle.

Les nouveaux bureaux de la société BDO ont été réalisés en 2017 à l’entrée du Parc Scientifique Créalys par le bureau d’études et d’architecture BSolutions de Gembloux, en charge pour ce projet de la totalité des missions de maîtrise d’œuvre. Un processus collaboratif Closed BIM a été mis en place en phase étude entre les différentes disciplines.

Deux modèles ont été réalisés à cette fin : le premier concernant les disciplines Architecture et Stabilité et le second les Techniques Spéciales. Cette démarche a permis aux différents intervenants d’organiser une coordination en temps réel pendant l’étude du dossier. Les fichiers de travail ont été produits par un même logiciel et placés sur un serveur commun. Grâce à cette méthode, chaque intervenant a pu travailler en permanence avec la dernière version des modèles des autres disciplines.

 

Le BIM comme support de communication

Le modèle a été utilisé pour la communication du projet à la fois par images de synthèse et réalité virtuelle, ainsi qu’au travers d’un viewer en ligne à disposition du client et des autres intervenants. Des tests ont par ailleurs été réalisés dans l’objectif de trouver des possibilités d’échanges avec différents logiciels tels que Dialux, pour la qualité de l’éclairage, Diamonds, pour l’étude des structures métalliques ou encore le logiciel PEB et d’autres systèmes d’études énergétiques mieux adaptés au BIM.

BSolutions souhaitait aussi mettre à profit le modèle pour intégrer certains processus de construction. Cette volonté s’est concrétisée dans la réalisation d’une simulation 4D, effectuée sur base du planning officiel du chantier : la mise en relation de ce planning avec les éléments du modèle 3D a ainsi permis la prévisualisation de l’avancement des travaux à certains moments clés, comme la pose des façades ou la mise à disposition du gros œuvre fermé. D’une manière générale, la démarche a eu pour effet une compréhension rapide et qualitative du déroulement futur des opérations.

Les différents tests réalisés ont servi de support de communication à la fois auprès des intervenants du projet mais aussi par la suite, lors de plusieurs conférences ouvertes au grand public. Outre sa participation aux activités du Cluster CAP2020, BSolutions est en effet intervenu lors du Roadshow 2017 « Construction 4.0 » organisé par la Confédération Construction wallonne, sur le thème des avantages et opportunités du BIM et des interopérabilités entre logiciels. Le projet BDO, cité en exemple, a ainsi participé à son échelle à la diffusion de ce que représente l’arrivée du BIM dans le monde de la construction.

 

Le numérique sur le chantier

Des essais de scans photogrammétriques ont été réalisés avec des outils légers, accessibles aux architectes et bureaux d’étude de petite et moyenne taille. Un modèle 3D filaire avec rendus peut en effet être généré depuis le logiciel Autodesk Recap sur base de photos de chantier prises avec un simple GSM. Le scan photogrammétrique est alors mis à profit comme outil de vérification permettant de comparer la réalité exécutée avec le modèle.

Des images à 360° du chantier, adaptées à l’utilisation d’un casque de réalité virtuelle, ont également été réalisées à plusieurs emplacements. Les vues 3D équivalentes ont alors été générées dans le modèle. Il a dès lors été possible, à l’aide d’outils simples et facilement accessibles, de s’immerger dans le chantier depuis le bureau et de confronter la réalité des travaux aux objectifs d’exécution.

 

Des bénéfices tangibles à différents niveaux

Alors que la charge de travail augmente en phase étude, la qualité du résultat permet de compenser l’investissement lorsqu’arrive la phase chantier. L’amélioration de la coordination spatiale est un exemple de bénéfice constaté : la confrontation du modèle avec la réalité du chantier permet en effet d’optimiser l’étude préalable des conflits.

La coordination des objets BIM avec les articles du cahier des charges contribue par ailleurs à limiter les risques d’incohérence entre ce qui est décrit par le gestionnaire de projet et ce qui est modélisé. Le référencement de tous les objets et matériaux donne la possibilité d’un encodage plus approfondi et adapté aux souhaits du client : des informations ou critères techniques supplémentaires peuvent dès lors être facilement ajoutés aux éléments concernés sans risque d’erreur.

L’interopérabilité avec le logiciel de cahier des charges permet de surcroît une gestion régulière et cohérente du budget pour le concepteur et le client. L’évolution de l’estimation du budget est contrôlée, transparente et clairement identifiée pour chaque article durant tout le processus de conception.

Par ailleurs, le séquençage des interventions a tendance à se lisser : un intervenant qui aura usuellement tendance à attendre que son étude soit relativement aboutie avant de transmettre ses documents acceptera plus facilement, dans un processus de ce type, de fournir son modèle comme document de travail et de l’assumer comme tel. Une fois la méthode mise en place, chacun fait évoluer son travail en parallèle et à son rythme : il en découle une diminution globale du temps nécessaire à l’étude du projet, qui peut donc être finalisée plus rapidement pour un temps de travail par intervenant inchangé. En outre, un système de collaboration dans lequel chacun met à disposition des autres son fichier natif de travail engendre des gains de temps appréciables par la réduction les besoins de communication et de coordination entre individus.

Et pour récompenser l’ensemble de la démarche, le BIM-Award de Bronze dans la catégorie Immeubles Tertiaires a été attribué au projet le 7 décembre dernier à Bruxelles.

 

Principaux logiciels employés

  • Autodesk Revit 2016 : modélisation architecture, stabilité et techniques spéciales
  • Cloud Autodesk A360Team : communication aux intervenants externes
  • Diamond, Dialux, Energy Analysis, … : expérimentations variées d’interopérabilité
  • A360 : réalité virtuelle
  • Recap : scan photogrammétrique
  • Navisworks Manage : simulation du phasage 4D

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