TRAKK, le BIM dans la complexité

  •   21-02-2018
  • Yasmine Depret - LEVEL/BSolutions
Le nouveau bâtiment du TRAKK à Namur ouvrira ses portes en septembre 2019 - Image : AAO/LVL/RM
Le lieu s’ouvre sur la Sambre par des terrasses et des façades vitrées - Image : AAO/LVL/RM
La structure de l’ancien hall omnisport construit par l’architecte Roger Bastin va être conservée – Image : AAO/LVL/RM
Modélisation de l’état existant – Image : LEVEL
État après démolition – Image : LEVEL
Le projet dans son contexte – Image : LEVEL
Visuel métiers – Image : LEVEL
Visuel métiers – Image : LEVEL
Imbrication des maquettes Architecture et Stabilité – Image : LEVEL
Visuel métiers – Image : LEVEL
Visuel métiers – Image : LEVEL

L’ancien hall omnisport construit par l’architecte Roger Bastin en bord de Sambre à Namur va accueillir les nouveaux locaux du TRAKK, hub namurois apparu à l’automne 2014 à l’initiative de différents partenaires, à partir d’un concept de FabLab et d’espace de cocréation multidisciplinaire. Le projet fait partie de la dynamique « Namur Innovative City Lab » et bénéficie d’un financement FEDER.

C’est l’équipe composée de L'Atelier de l'Arbre d'Or, en association avec les bureaux LEVEL,
RM ArchitecteBSolutions et NC & Bham qui a remporté le marché de conception pour la rénovation et la transformation de l’équipement et de ses abords initié par le BEP. L’inauguration est prévue en septembre 2019.

 

Un lieu d’échanges ouvert sur la ville

La nouvelle infrastructure a pour ambition de dynamiser l’accès aux technologies émergentes et de renforcer le processus créatif des entreprises en proposant différents types d’espaces favorisant les échanges. Mille huit cents mètres carrés vont ainsi être réaménagés sur deux niveaux pour accueillir à la fois les nouveaux FabLab et Creative Lab, cent vingt postes de travail individuels en bureau paysager, des bureaux privatifs, des espaces de travail partagés, des salles de réunion, un espace d’exposition modulable, une cafétéria, ainsi que des studios ou ateliers de création. Au total, c’est une vingtaine de startups et six ou sept entreprises en développement qui pourront être accueillies en parallèle des postes de travail mobiles.

Le lieu va s’ouvrir sur la ville, sur la Sambre et sur la citadelle par ses façades vitrées et ses trois terrasses. Situé à deux pas du centre, il sera en liaison directe avec la ville et les quartiers universitaires, grâce notamment à la passerelle de l'Arsenal. La double hauteur du hall existant a été mise à profit pour concevoir des espaces ouverts et généreux. La conception du projet a nécessité un travail de réflexion en matière d’acoustique, de luminosité et d’accessibilité. Une étude spécifique de luminosité a par exemple été réalisée dans Dialux par BSolutions pour certains locaux.

 

Une expérience en Open BIM

Dès l’offre de marché, l’équipe a proposé à la maîtrise d’ouvrage de coordonner et de réaliser le projet en BIM. La maquette numérique a été réalisée dès le début des études par le bureau d’architecture LEVEL et poursuivra son évolution jusqu’à la réception. Les différents modèles métiers y seront intégrés au fur à et à mesure pour assurer une meilleure coordination des études, corriger les collisions éventuelles et optimiser les implantations.

La collaboration de niveau 2 s’est mise en place dans un esprit Open BIM, tous les modèles étant régulièrement mis à jour et à disposition sur un serveur commun au format IFC. Ce format d’échange permet en effet à la fois d’imbriquer des modèles originaires de différents logiciels, de gérer ou de limiter les informations échangées et de travailler avec des fichiers beaucoup plus légers.

L’initiative BIM a été spontanée, claire et suivie par tous les intervenants. La collaboration s’est donc parfaitement déroulée, la démarche se révélant opérationnelle pour les utilisations BIM limitées pressenties en phase étude.

 

Méthodologie par modèles imbriqués

Le projet, qui comprend une partie rénovation et une partie extension ainsi que cinq modèles métiers à imbriquer, a engendré quelques particularités méthodologiques : tous les éléments existants étant présents dans le modèle Architecture, il a été convenu que seuls les éléments nouveaux seraient modélisés dans les autres maquettes. Dès lors, il est devenu possible de visualiser les états de rénovation dans la maquette centrale et de gérer ainsi les travaux nécessaires.

Les démolitions ont été consignées dans le modèle Architecture pour toutes les disciplines mais chacun est resté responsable de sa partie au travers des documents prescriptifs traditionnels. Cette démarche a permis à la fois d’éviter les doublons dans la maquette centrale, de limiter la charge de travail des bureaux d’études et de forcer le dialogue dans la coordination.

À titre d’exemple, le modèle Stabilité a pu être allégé puisqu’une partie importante de la structure métallique existante est conservée. Dans la maquette Architecture, les éléments porteurs ont été distingués des autres éléments, ce qui a permis d’intégrer les échanges avec le bureau d’études de stabilité dans les mises à jour de la conception dès la phase d’avant-projet. Les calculs de stabilité ont quant à eux été réalisés séparément dans un logiciel spécifique - seule la structure filaire du modèle étant récupérée dans le logiciel d’étude analytique.

La maquette de coordination générale est gérée sous Archicad par le bureau LEVEL, avec importation des modèles Stabilité (au format IFC), Techniques Spéciales (au format IFC) et Architecture d’intérieur (au format SKP). En outre, une coordination des modèles Stabilité, Techniques Spéciales et VRD a également été réalisée en interne par le bureau d’études BSolutions, avec vérification des conflits éventuels entre disciplines. Une plateforme commune d’échanges a simplement été mise en place sur Dropbox pour la gestion documentaire entre intervenants.

 

Bénéfices

La maquette numérique avec ses spécificités a significativement amélioré la compréhension du projet par tous les acteurs, la coordination entre les métiers, la détection des collisions, l’implantation des éléments ainsi que la production des métrés. Ces derniers ont pu de surcroît être directement importés dans le logiciel de rédaction du cahier des charges d’ingénierie. Étant donné le contexte bâti autour du bâtiment existant, la maquette a certainement contribué également à la précision des interventions ainsi qu’à une meilleure communication du processus de conception à la maîtrise d’ouvrage.

Le choix du processus collaboratif s’est finalement révélé en adéquation avec les utilisations du BIM prévues pour le projet : conception, coordination, métrés, communication, export du modèle analytique et gestion du phasage. L’utilisation des modèles imbriqués a été particulièrement bénéfique lors des réunions de coordination grâce à la visualisation spatiale des problèmes par affichage sur écran mural. Les réunions à distance ont aussi accru réactivité et productivité. La maquette a pu être également utilisée par le bureau de contrôle SECO et par le maître de l’ouvrage grâce au format IFC. Elle va maintenant pouvoir évoluer avec le chantier et sera mise à jour afin qu’un maximum d’éléments modélisés et renseignés y soient intégrés.

 

Principaux logiciels employés

  • Archicad V20 : Modélisation Architecture et Management BIM
  • Revit : Modélisation Bureau d’étude et Management BIM
  • SketchUp et Rhino : Modélisation Architecture Intérieure

Infolettre

Le meilleur de BIMtonic, directement dans votre boîte mail