Le maître d’ouvrage et le BIM, une nouvelle approche du projet

  •   14-06-2018
  • Yasmine Depret
Neanex est une plateforme qui aide à optimiser les flux d’information et à gérer le cycle de vie des objets, depuis la formulation des exigences jusqu’à la maintenance - illustration : Neanex
Sur la plateforme de Neanex, l’information du projet (à droite) est directement liée à la représentation géométrique issue de Revit, d’un IFC ou d’un autre format - illustration : Neanex
Dans chaque partie de la plateforme, les sujets peuvent être directement liés aux objets de la base de données. Le sujet est assigné à la bonne personne ou équipe avec un niveau de priorité et un délai appropriés - illustration : Neanex
Le système fonctionne aussi bien pour des projets d’infrastructure - illustration : Neanex
Les sujets peuvent être suivis et complétés grâce au principe Kanban. Lorsqu’un sujet est terminé, il est renvoyé au créateur pour révision - illustration : Neanex
Dans Neanex, toutes les exigences du projet sont importées et liées aux objets de la base de données. Ainsi, tout le monde peut contribuer à affiner les besoins du client et les architectes peuvent toujours savoir quelle exigence est liée à quel objet à concevoir - illustration : Neanex
Un exemple du connecteur BIM intégré pour Revit : la représentation graphique est liée à la base de données, de sorte que tout le monde sur la plateforme puisse savoir quel objet conçu correspond à quel objet exigé - illustration : Neanex

S’il est vrai que le BIM n’a de sens que s’il est porté par l’ensemble des intervenants du projet, l’impulsion du maître de l’ouvrage peut être décisive pour sa mise en place. C’est lui en effet qui sait de quoi il a besoin pour gérer son projet et optimiser son investissement. Il doit donc être convaincu très en amont de l’intérêt et des implications de la démarche et y jouer un rôle moteur.

Mesurer les enjeux

Si l’on peut faire des distinctions entre maîtrise d’ouvrage occasionnelle et professionnelle, publique et privée, déléguée et gestionnaire, personne physique ou morale, l’intérêt de mettre en place une méthodologie BIM vaut dans tous les cas d’être examiné. En effet, l’investissement initial supplémentaire doit pouvoir se justifier à différentes étapes : de la visualisation du projet en trois dimensions à la gestion du bâtiment sur toute sa durée de vie, en passant par la vérification de la conception dans tous ses détails, la coordination complète des études avant l’exécution, la fiabilité des estimatifs, l’application automatique des modifications à tous les documents du dossier, ou encore la livraison d’un dossier d’intervention ultérieure (DIU) facilement exploitable.

Que l’on fasse appel à un spécialiste, tel qu’un AMO BIM, ou que l’on dispose des compétences en interne, le gestionnaire du projet s’appuiera sur une feuille de route où seront repris les postes spécifiques à la méthode BIM, tels que le surcoût des études, la coordination et la mise à jour de la maquette, ainsi qu’éventuellement le recrutement d’une personne déjà formée. Une fois le cadre en place, on pourra bénéficier de la technique déployée au travers, par exemple, de l’analyse du coût du cycle de vie, du monitoring du bâtiment et plus généralement de tout ce que permet l’exploitation BIM aujourd’hui : planification des travaux et optimisation des contrats d’entretien, récupération des données techniques et des métrés exacts pour les bons de commande de travaux, exploitation des données d’analyse accumulées en phase étude, gestion de la durée de vie des équipements, le tout de manière optimisée et rationalisée.

Dans le cas de petits projets occasionnels, le développement du modèle complet n’est pas nécessaire et pourra être limité à la géométrie utile au métré. Pour s’en assurer, il est recommandé d’examiner avec l’architecte l’utilisation souhaitée de la maquette afin de fixer la limite de l’investissement à un niveau raisonnable. Le modèle rassemblera toute l’information sur le projet pour les besoins ultérieurs, à la condition d’être mis à jour à la livraison du bâtiment. Dans bien des cas, et si les différentes missions ont bien été définies en ce sens, on pourra constater des bénéfices tangibles au niveau de la visualisation et des prises de décision facilitées, de la maîtrise des coûts, de la cohésion de l’étude et de la qualité d’exécution, ainsi qu’au niveau de l’adaptabilité aux modifications successives tout au long de l’évolution du projet.

Dans un cas comme dans l’autre, la précision géométrique du modèle n’est pas l’élément essentiel pour la maîtrise d’ouvrage : une base de données correctement renseignée, en tant qu’outil de connaissance du bâtiment, est un objectif suffisant. On visera donc plutôt la fiabilité de l’information associée au modèle, et par conséquent le contrôle régulier de sa mise à jour.

 

La communication au centre du processus

Dès la définition du programme d’exigences , on pourra s’appuyer sur des outils dédiés qui serviront à l’élaboration du projet et à son suivi. Il faut, dans le cas de projets importants, définir l’attribution des tâches et le niveau de définition des modèles en fonction des phases, évaluer la compatibilité des logiciels, choisir une plate-forme d’échanges, ou encore coordonner les différentes maquettes et leurs modifications. Les modalités de la collaboration devront être fixées dans un protocole, pour lequel certaines questions relatives aux échanges de fichiers et à la traçabilité des interventions devront être examinées.

Un viewer, ou visualiseur BIM, couplé avec une solution de gestion des échanges entre équipes et intervenants, se révèle donc un outil indispensable pour le suivi et la validation du projet à toutes les étapes. Ces outils de partage font usuellement partie de ce que l’on appelle un Environnement de Données Central ou CDE, pour Common Data Environment, dont on trouvera une description complète au chapitre 6.5 du protocole BIM belge. La société Neanex d’Anvers propose par exemple une plateforme de collaboration BIM en ligne qui élimine le trafic de messagerie et optimise les flux d’informations. Elle est basée sur le principe de communication Kanban : des personnes sont affectées à des sujets qui sont directement liés aux objets de la base de données et qui peuvent être déplacés d'une étape à l'autre. Une communication structurée vient donc ici remplacer les échanges par emails, par essence peu organisés. Les données restent centralisées dans la plateforme en ligne, accessibles à tout moment selon les droits accordés, la dernière version des documents à jour étant ainsi toujours disponible. Ce type de communication permet de diminuer les marges d’erreur tout en augmentant l’efficacité du point de vue du temps et des coûts.

 

Gestion du cycle de vie et classifications des objets

Le cycle de vie d’un objet désigne son évolution depuis le recueil des exigences jusqu’à la phase de maintenance et au-delà : le maître d’ouvrage définit d’abord les exigences, un architecte conçoit l'objet, l'ingénieur affine ensuite les informations sur cet objet qui est alors construit et plus tard, maintenu.

Les données extraites du modèle BIM peuvent être synchronisées sur la plateforme de Neanex et comparées à celles du programme d’exigences par l’intermédiaire d’un connecteur. Le maître d’ouvrage peut alors consulter, commenter et valider les résultats en direct. Cela lui permet de suivre de près l’évolution du projet et d’interagir avec les équipes de production. Les objets sont répertoriés dans la base de données par l’application de systèmes de classification tels que le BB-SfB ou le VMSW, mais tout autre système est également applicable. Le passage d’une classification à une autre se fait par simple mapping. À la livraison du bâtiment, la base de données constituée peut facilement être exportée vers un système de Facility Management tel que Planon ou d’autres systèmes dont on trouvera des exemples sur la page dédiée du BIMportal .

La plateforme de Neanex interagit donc de manière transparente avec la CAO et d'autres outils via des connecteurs intégrés. Ces connecteurs sont aujourd’hui liés à des outils comme Revit, Navisworks et AutoCAD mais beaucoup d'autres sont prévus. De nouvelles fonctionnalités, comme les calculs de coûts, les fonctions, les classes d'exigences, les bibliothèques de connaissances et d'autres encore, sont également sur la feuille de route de Neanex pour les mois à venir, avec pour principal objectif la digitalisation du processus de construction sur l’entièreté du cycle de vie du projet et la mise en place d’une collaboration structurée entre tous les intervenants, basée sur des données, sans emails ni documents, afin de rendre possible un processus correct au premier jet.

Neanex sera présent les 24 et 25 octobre prochains au Digital Construction Brussels pour une démonstration en direct de sa nouvelle plateforme.

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